Exposition collective
Brigitte Bauer :: Caroline Chevalier :: Mireille Loup
Olivier Metzger :: Cécile Menendez :: Richard Petit.

A l'occasion du Festival Voies Off 2008, nous accueillons le travail du photographe Olivier Metzger, lauréat du Prix Voies Off 2003.


À partir de ses travellings noctambules à l’attention flottante, Olivier Metzger nous livre quelques "plans" sans raccord autre que son intuition ou son imagination. Si, au début de la série Nightshot, ses images étaient souvent prises sur le vif, elles sont maintenant de plus en plus mises en scène, mobilisant acteurs et accessoires incongrus, et figeant des actions comme autant de photogrammes prélevés de la pellicule d’un long-métrage fictif…

Olivier Metzger troue ainsi la nuit à coups de flash, fend la réalité en son milieu perturbé ou entre deux significations qui nous échappent. Ses compositions plastiques toujours rigoureuses flirtent avec la peinture, voire avec le cinéma expressionniste et les ambiances hallucinées de David Lynch. Au-delà, le photographe poursuit dans Nightshot son exploration des rapports ambivalents entre sphère publique et sphère privée, "extime" et intime, traquant dans le sillage du peintre Edouard Hopper les paradoxes de l’isolement dans la transparence et l’espace urbain, ou ces petits accrocs qui font soudainement basculer la normalité dans l’intranquillité.

(Image emblématique de cette approche : un gardien de nuit baigné de l’aura bleutée d’images de vidéosurveillance qui lance un regard muet et angoissé vers ses écrans, au sein d’une architecture aux matériaux étonnamment hétérogènes et presque discontinus…)

On notera d’ailleurs le penchant plus général du photographe pour les contrastes et les métissages visuels, pour les espaces composites, les no man’s land, les achoppements, les frottements entre la réalité et ses doubles... Au beau milieu de la nuit, Olivier Metzger jette sa lumière sur des scènes en suspens, des scénarios parcellaires, des dramaturgies ambigües. Il jette mais se garde bien de faire toute la lumière sur ses photographies, ni d’indiquer de son imaginaire la clef symbolique ou la concordance à quelque réel dûment établi.

Texte de Jean-Emmanuel Denave

Plus d'informations sur l'artiste :
www.oliviermetzger.com